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Témoignage d’un de nos bénévoles

Voici le témoignage touchant d’un de nos bénévoles :

J’ai beaucoup hésité à publier quelque chose ici au sujet de l’expérience que j’ai eu le week-end dernier. Pas parce que j’ai honte, non, mais plutôt parce que certainement beaucoup d’entre vous n’en n’auront rien à faire. Pourtant, je prend mon clavier pour écrire ces quelques lignes qui me tiennent à coeur.
Le week-end dernier, donc, je me suis rendu à Paris pour suivre la deuxième partie d’une formation à la relation d’aide. Ceci dans le but de venir en aide aux personnes qui ont des difficultés dans leur vie de famille ou sociale avec l’homosexualité, la bisexualité ou la transsexualité. Oui, je me suis engagé dans cette démarche sociale à titre bénévole dans le cadre de l’association Contact de mon département. Enfin bref. Cette formation est très prenante. Il faut aussi beaucoup travailler sur soit pour arriver à être un bon écoutant, ouvrir son cœur et ne pas juger. Au terme de ces 4 jours, c’est très fébrile que j’ai pris la direction de la gare de Lyon dimanche soir, mon retour se faisant en TGV.5062860-7557565
Hasard du calendrier, ou destin malheureux, je me suis retrouvé dans un hall de gare bondé pour attendre mon train. Là, des dizaines (peut-être des centaines) de gens revenaient de la manif pour tous. Ils étaient très reconnaissables avec leurs drapeaux bleus et roses plantés dans leurs sacs. Il y avait des Jeunes, des couples, des enfants, des personnes âgées. Ce spectacle, anodin, a pourtant évoqué en moi quelque chose de profond. J’ai repensé à tous ces jeunes en souffrances qui contactent notre association car ils sont au bout du rouleau, j’ai repensé à tous ces parents qui ne savent comment prendre l’annonce faite par un de leur enfant, j’ai repensé à ce gamin de 14 ans qui s’est jeté par le fenêtre parce qu’il se sentait incompris… Je me suis demandé comment tous ces gens qui souffrent pouvaient bien prendre un rassemblement de personnes militantes pour la limitation des droits d’autres personnes. Peut-être n’y a t-il aucune animosité dans la démarche des manifestants, mais quand bien même, comment ne pas y voir une démarche hostile ? Après tout, qu’est-ce que cela peut bien leur faire ? Ont-ils été lésés, agressés ou dénigrés depuis que le mariage pour tous existe ? Après tout, l’amour ne doit il pas toujours triompher ? Peut-on vraiment refuser à certains le droit de s’aimer ?
Je sais bien que le débat est plus complexe que ça, mais le fait est là : des personnes en souffrent tous les jours.
Alors, dans ce hall fourmillant, seul, je me suis mis à pleurer. Vous savez, le truc avec des larmes là, que vous ne pouvez arrêter ! Oui, moi, le grand garçon, avec une grosse barbe, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Pas des larmes de colère non, des larmes de tristesse, comme si soudain je captais le désespoir de ceux qui souffrent. Je me suis assis sur un banc et je n’ai plus cherché à cacher mes sentiments, chose très rare pour moi. J’ai essuyé les regards appuyés sur moi. Souvent surpris, parfois impassibles.
Mais dans la grande bonté de ces personnes là, de ce hall, aucun n’est venu vers moi. Aucun ne m’a proposé son aide. Je n’ais même perçu aucun regard de compassion.
Inutile de décrire plus loin cette scène qui dura bien 30 minutes. Je suis très triste encore aujourd’hui. Mais, je n’ai pas de ressentiment parce que je sais que ces personnes ne se rendent pas compte du mal qu’il peuvent faire. C’est l’objet de mon message. Faire prendre conscience que parfois en soutenant une cause qui nous parait juste, on peut faire du mal à d’autres qui n’ont rien demandé.
Je voudrais aussi délivrer un message d’espoir pour qu’un jour plus aucune différence ne soit un frein pour vivre pleinement sa vie.