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Témoignages: mon coming out à moi

Publié le 17 juillet 2014, dans Nos bénévoles.

MON C. O. À MOI…

 

Le coming out est une étape difficile, au coeur des préoccupations de CONTACT. Cette épreuve souvent difficile à vivre (mais pas toujours) pour
les LGBT, comme pour leurs proches permet également d’envisager la vie sous un autre angle et un esprit nouveau. Cette chronique présente le coming out de nos membres.

 

Vincent : j’ai simplement répondu à la question de ma mère.

Vincent

Pour moi, la première étape de mon coming out aura été de me le dire à moi même. Il y a cinq ans, à l’anniversaire d’une cousine, un garçon s’assumant en tant qu’homosexuel s’y trouvait. Il a fait rejaillir en moi tout ce que j’avais refoulé depuis de nombreuses années. J’en ai eu assez de me mentir et, d’un coup, j’ai décidé de m’assumer. Mon coming out à mes parents s’est fait quelques mois plus tard. Ce sont eux, suite à une maladresse propre à l’adolescent inconscient que j’étais (faire dormir mon petit-ami de l’époque, chez moi, en le faisant passer pour un ami), qui m’ont posé la question.

Je ne pensais pas leur dire si tôt. Mais c’est ma mère qui me l’a demandé, et sur un tel sujet, il m’a été impossible de lui mentir. Comme aucune
discussion sur ce thème n’avait été engagée avant, je n’en avais pas parlé. Mais une fois la question posée, je ne pouvais pas fuir! Je me serais senti indigne de l’amour que me portait ma mère (et me porte toujours) si je le lui avais dis non ! Il n’y a pas eu de belles phrases emplies d’amour, juste un : «ah, d’accord». La vraie réaction est venue le lendemain, violente et surprenante. Ma mère a gardé ses questions, ses souffrances pour elle. Mon père a reporté sur moi tous ses préjugés et amalgames douteux sur l’homosexualité, rien ne m’a été épargné. Heureusement j’avais fait, avant de le dire à mes parents, mon coming out auprès de mes grands frères et grandes soeurs qui l’avaient bien pris. J’étais donc assuré d’avoir du soutien si jamais je me faisais expulser de chez moi.

La «pilule» est passée lentement, petit à petit. A force de réflexions, de discussions avec des proches homosexuels, de réponses rassurantes de ma part sur les enfants («oui je compte en avoir»), ils ont fini par l’accepter. Cela a pris deux ans. Ce qui leur a surtout permis d’accepter, c’était de voir que je ne changeais pas. J’étais toujours leur fils, avec les mêmes comportements. Ma petite soeur a été aussi un élément important. Quand, vers l’âge de 11 ans, elle leur a demandé si j’étais gay, ils se sont aperçus que non seulement elle l’acceptait, mais qu’elle s’en fichait comme de sa première dent ! Aujourd’hui, ma famille m’aime entièrement, avec ma particularité, et invite même mon compagnon à la maison !